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Journal 2007

Journal de remise en route de la 

Août 2007

Je la cherchais depuis des années, elle m'attendait à 100 km de chez moi. La première photo que je vois d'elle est plutôt flatteuse. L'annonce aussi. "26000 km, parfait état de marche, mais nécessite une révision", le tout pour une somme modique.

 

Octobre 2007

Je fais le déplacement pour aller la voir. Première surprise : je la croyais rouge brique, mais elle est marron caramel. Il fait gris ce jour-là, la carrosserie me paraît terne, elle fait plus vieille que sur la première photo.

En revanche, l'intérieur très propre me fait tout de suite bonne impression. On dirait que l'ancienne propriétaire, une dame âgée, vient de passer l'aspirateur !

Elle a effectivement 26000 km au compteur, mais celui-ci n'a que cinq chiffres. Je suis donc obligé de croire le vendeur, qui m'assure que la dame ne s'en servait que pour faire ses courses. Elle est vendue comme roulante, mais elle n'a bien sûr pas passé le contrôle technique, comme c'est souvent le cas pour les voitures anciennes. Elle semble démarrer facilement, et je peux entendre pour la première fois le bruit caractéristique de son moteur : quelque part entre la Coccinelle et la 2CV. Le vendeur me déconseille toutefois de prendre la route avec : elle freine mal, et les pneus, déformés par l'immobilité prolongée, sont à changer. Il faut dire qu'elle a passé 14 ans au garage !

Je fais quelques mètres, marche avant, marche arrière, le levier sélecteur à trois positions s'enclenche sans craquer (c'est pourtant l'un des défauts bien connus des conducteurs de DAF). Pas de soubressaut : ce n'est pas une voiture nerveuse. Je m'en doutais un peu...

La carrosserie me paraît elle aussi en excellent état : à peine quelques points de rouille sur le capot, le toit et le coffre. Rien sur les bas de caisse. Il ne lui manque que les rétroviseurs, rangés dans la boîte à gants. Elle a même encore l'étiquette du concessionnaire :

 

 

 

Finalement, je suis conquis, et même si je sais finalement peu de choses de son état mécanique, je l'achète au prix indiqué, déjà très raisonnable. Elle me sera livrée sur un plateau. Affaire conclue !

Novembre 2007

Par un petit matin frisquet, elle est enfin livrée. Nous la descendons du camion, elle peine à démarrer, elle a pris froid, la pauvre ! Impossible de tenir le ralenti sans le starter, elle a vraiment besoin d'une bonne révision. Je lui fais faire le tour par la rue de derrière. C'est la première fois que je conduis une automatique et je suis surpris, car avec le starter tiré, l'embrayage entre en prise, et elle avance toute seule, même quand je ne veux pas ! Difficile à contrôler, la petite... Le freinage est dur, presque inefficace. Quand enfin j'y parviens, la courroie émet des grincements sinistres. Plus tard, en consultant la notice, je comprends : on ne doit jamais accélérer et freiner en même temps ; or tirer le starter équivaut, pour la transmission, à appuyer sur l'accélérateur. Le Variomatic est contrarié et le fait savoir.

J'arrive à hauteur du portail, je n'ai pas intérêt à le louper car il n'y aura pas de second passage. Je fonce. Elle s'arrête enfin devant la maison dans un bruit de "grosse mobylette", aux dires des témoins qui assistent à la scène.

Je vais passer deux jours à la nettoyer (bien qu'elle n'en ait guère besoin à première vue) et à la cajoler. Au programme : shampooing et décrassage de la carrosserie. C'est la première fois que je me lance dans un nettoyage un peu approfondi, je suis plutôt sceptique sur le résultat promis par le produit "spécial carrosserie ancienne" que j'ai acheté au supermarché d'à côté.

Pourtant, je suis étonné par le brillant obtenu. Après avoir shampooiné la carrosserie avec une éponge douce, et laissé sécher, j'étale le produit, légèrement abrasif, sur une petite zone en mouvement circulaire (j'ai d'abord fait un essai à l'intérieur du coffre, on ne sait jamais). Le liquide épais sèche en une minute, il suffit ensuite d'ôter la pellicule blanche qui subsiste, en frottant énergiquement avec un chiffon polisseur. Je ne dirais pas qu'elle est comme neuve, mais on voit très nettement la différence, surtout sur les parties supérieures, qui étaient les plus ternies :

Avant...

Après ! Ca brille, non ?

Au bout de deux heures, le chiffon, en revanche, est bon à jeter. C'est incroyable la quantité de saleté qui peut s'incruster dans une peinture, même quand elle paraît propre.

Finalement, j'adore sa couleur. Renseignement pris un peu plus tard sur le site du DAFClub des Pays Bas (voir les liens), la référence de la peinture semble être "Terrana" ou "Pindakaasbruin", c'est à dire "brun beurre d'arachide". Sous nos contrées, on préfèrera dire brun caramel, ou chocolat fondu, selon la luminosité.

 

Du moins c'est ce que je crois, mais je me rendrai compte 8 ans après que je me suis finalement planté sur la couleur. Mais revenons en 2007.

"Vous ne la verrez pas chez tout le monde, c'est sûr", c'est ce que dit la vendeuse qui essaie de vous refiler une horrible veste à carreaux qui lui est restée sur les bras. Et bien ma voiture à moi a une couleur que je ne croiserai pas à chaque coin de rue. Je veux bien faire le pari que c'est même la seule voiture marron dans le département, voire au delà.

Mécaniquement, c'est moins encourageant : j'essaie de la démarrer à plusieurs reprises, elle fait quelques mètres, mais je ne risque pas de courir un rallye au volant de ma DAF 46 : elle tousse, elle renacle, elle cale... Il est temps pour moi de repartir. Ma nouvelle amie, que j'ai baptisée Aneke en référence à ses origines hollandaises, m'attendra sagement dans la maison familiale, jusqu'à mon prochain séjour. Je tente, à grand peine, de la rentrer au garage. Cette fois, elle avance vraiment très lentement, je ne sais pas ce qui se passe, il faudra que je jette un oeil au moteur à mon retour.

Noël 2007

Je m'attendais à des sarcasmes, mais toute la famille est conquise. Mes neveux la trouvent rigolote et regrettent de ne pas pouvoir faire un tour en DAF. Mon copain, qui la voit pour la première fois, me dit que finalement, j'ai eu raison de l'acheter. Nous tentons de la démarrer, mais cette fois Aneke ne veut rien savoir. Recharger la batterie n'y fera rien.

Mon frère me propose naïvement de la pousser dans la descente pour la faire démarrer toute seule. Manoeuvre bien sûr impossible sur une transmission comme celle de la DAF : l'embrayage automatique ne s'enclenche que quand le moteur atteint un certain régime. Quand bien même on arriverait à la pousser dans une pente (une DAF est naturellement difficile à pousser en raison de l'inertie des courroies), elle la dévalera jusqu'en bas sans démarrer pour autant.

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