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Journal 2008

Journal 2008

Janvier 2008

Finalement, c'est plus grave que prévu. En soulevant la roue de secours (judicieusement placée sous le capot), nous découvrons qu'une bougie est sortie de la culasse. Ceci explique pourquoi Aneke est rentrée au garage avec tant de difficulté : elle n'a parcouru les derniers mètres que sur un seul cylindre de son petit moteur, l'autre étant hors service. Impossible de revisser la bougie à la main, le filetage est sans doute abîmé. Pour ne pas l'endommager encore plus, nous décidons de ne pas forcer avec la clé à bougie, et de la montrer à un professionnel.

Tout au fond de son trou, le filetage a beaucoup souffert...

Très inquiet de l'état de mon moteur, je me renseigne sur le net : ouf, il est possible dans la plupart des cas de poser un "filet rapporté" en creusant un trou plus grand que celui d'origine, et en insérant un nouveau filetage, comme un tube métallique. On vend même des kits pour le faire soi-même. La technique est très bien expliquée sur ce site consacré aux moteurs VW : http://www.flat4ever.com/showthread.php?t=31019

Voila qui ne manquera pas d'occasionner de nouveaux frais. Quand on achète une voiture ancienne, et qu'on a des compétences mécaniques assez limitées, il faut s'attendre à certaines dépenses.

Mars 2008

Elle m'attend sagement au garage. Mais elle devra patienter encore un peu : les frais de réparation ne sont pas une priorité budgétaire pour le moment (je parle comme au bureau, il faut que je me surveille). Alors en attendant, je m'asseois au volant et rêve de longues promenades en DAF.

Je réussis tout de même à réparer... le klaxon, qui ne marchait plus pour cause de contacts oxydés (une précédente batterie, trop longtemps oubliée, avait fini par perdre son acide). Belle performance mécanique qui me remplit d'orgueil : mon Aneke fait de nouveau entendre sa voix.

Mai 2008

J'y pensais depuis des années : je me décide enfin à faire le ménage dans le garage familial, où se sont accumulées pendant des décennies tellement de choses qu'on peut à peine entrer. Enormément de machins à jeter, mais aussi, à ma grande surprise, pas mal de choses à récupérer qui peuvent encore me servir.

Par exemple, un jeu de bougies neuves pour 2CV (celle que ma mère avait achetée après avoir vendu sa Simca 1000, suite au premier choc pétrolier...) bougies qui s'adaptent aussi sur les DAF, comme le précise la notice !

Mais aussi, pêle mêle : un triangle de signalisation (format professionnel, merci papa !), un rétro intérieur qui sera parfait pour remplacer le mien qui se décolle, de l'additif pour essence sans plomb (un peu vieux peut-être ?), un chargeur de batterie de chez Manufrance, des joints de vidange de toute taille... On ne jette rien dans cette famille !

Et puis, surprise, dans un vieux carton que j'allais balancer aux ordures, je retrouve l'autoradio de la Ford Taunus 17M, la voiture qui a trimballé toute la famille en vacances pendant des années. C'est un Blaupunkt de 1968 (mon âge, donc), il a l'air encore en très bon état. Même ma mère ignorait qu'il se trouvait là !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après quelques recherches, je tombe sur un site fort bien fait, spécialisé dans les autoradios anciennes. Sur cette page d'un amateur belge très éclairé, on explique tout sur les différents modèles et les moyens de les brancher sur votre véhicule préféré : http://users.skynet.be/antique.autoradio/index.htm#welcome

Comme le câblage n'a pas l'air très compliqué (l'alimentation est reliée à la batterie, la masse sur la carrosserie, une prise pour l'antenne et deux trous pour le haut-parleur, circulez !), je tente une branchement sur un transfo 12V avec un vieux haut-parleur de tourne-disque et une antenne de récup. Miracle, la petite lampe orange s'allume comme si on l'avait éteinte la veille, je capte distinctement France Inter en grandes ondes ! Pas de FM en effet sur ce modèle, car à l'époque, la modulation de fréquence était encore réservée aux militaires dans notre pays.

Outre sa valeur sentimentale, le poste est très beau et s'adapte parfaitement au logement judicieusement prévu à cet effet sur le tableau de bord. Il sera donc installé dès que possible dans la DAF, qui va décidément bien mériter sa catégorie Superluxe !

 

Juin 2008

Venu un jour pour démarrer une voiture récalcitrante, le garagiste de ma mère soulève la bâche de ma DAF par curiosité. Il aime les voitures anciennes et se propose de lui-même de me refaire le filetage. Sans chercher, je trouve un artisan de bonne volonté !

Ma petite 46 quitte son garage pour la première fois depuis l'automne dernier. Il faut bien sûr un peu l'y aider. Il s'est avéré impossible de la sortir en la poussant : comme on le sait, l'inertie du variomatic sur l'essieu arrière complique la manoeuvre. Nous arrivons à remorquer ses 700 kilos avec un Berlingo, non sans avoir tatonné pour mettre la voiture au point mort.

Pourtant indiqué clairement, le "neutre" (N) n'est pas facile à trouver. Il faut dire qu'il n'est pas conseillé de laisser le levier dans cette position, sauf pour des réparations. Il est même recommandé de démarrer avec la marche avant ou arrière enclenchée. Mais ceci est une autre histoire !

 

Juillet 2008

Mon Aneke est en de bonnes mains. Je prends de ses nouvelles de temps en temps. Le mécanicien parvient à poser un filet rapporté, selon le procédé expliqué plus haut, sans avoir à démonter la culasse, ce qui est quand même l'avantage des anciennes, où les puits de bougie sont en général plus accessibles (opération pratiquement impossible, paraît-il, sur les voitures d'aujourd'hui).

En revanche, elle n'échappera pas à la vidange totale du circuit d'essence. Immobilisée depuis 1992, la DAF a gardé dans son réservoir et surtout dans son carburateur de la vieille essence qui, en s'évaporant, forme des dépôts. Le mécanicien, adepte de la vieille école, débranche l'arrivée d'essence et aspire avec la bouche. Il manque de se brûler la langue avec le vieux carburant rosâtre qui s'écoule tant bien que mal.

Le carburateur Solex Pics 40. On remarque le levier de réglage de la vanne du Variomatic

Après un nettoyage du carburateur et des injecteurs, et un réglage du ralenti, la DAF redémarre. Le filet rapporté fonctionne et remplit parfaitement son rôle : quelle invention merveilleuse ! Le mécanicien la trouve un peu bruyante cependant, et me dit que la pipe d'échappement est défectueuse. Quelle idée ! Une DAF, ça fait du bruit, comme tous les bicylindres refroidis par air, comme les Coccinelle ou les 2CV. Mais bon, je me plie à cette idée. Encore des frais, elle me coûte cher la danseuse !

Elle est donc prête à faire le chemin qui la mènera jusqu'au contrôle technique, puisque le mécanicien se basera sur les remarques éventuelles pour effectuer les ajustements nécessaires. L'état des freins, qui ont tendance à se bloquer, et celui des pneus, qui sont restés immobilisés pendant près de 15 ans, me préocuppent tout particulièrement.

 

21 juillet 2008

La date est à marquer d'une pierre blanche : ma DAF doit subir son premier contrôle technique. Elle ne l'a jamais passé et je m'inquiète pour elle : résistera-t-elle au banc à rouleaux, à toutes ces brutalités qu'on leur fait subir ? Et si on lui trouvait un défaut rédhibitoire, genre direction foutue ou freins hors service ? Quelques jours avant, je passe la voir au centre de contrôle où le mécanicien l'a emmenée. Elle attend sagement son tour dans un coin. La dame à l'accueil me regarde d'un air las : évidemment que ma voiture est en sécurité et que je n'ai pas de souci à me faire. Elle me rassure en me disant que ce n'est pas la première voiture ancienne qu'ils contrôlent. Elle a dû me prendre pour un dingue, c'est sûr !

Le jour J, on me téléphone enfin pour me donner les résultats. Aucune contre-visite, mais quelques défauts tout de même :

- frein de service, déséquilibre arrière

- frein de stationnement, anomalie de fonctionnement

- flexible de frein, déterioration mineure avant gauche

- pneumatiques, usure irrégulière avant gauche, avant droit

- transmission : soufflet défectueux arrière gauche, arrière droit

- lave-glaces : non fonctionnement (ça c'est faux, c'est simplement qu'ils n'ont pas su le faire marcher. Il faut actionner le gros bouton en caoutchouc situé à droite du volant sur le tableau de bord).

Juste au dessus de l'autoradio (encore décoratif pour le moment), on distingue le gros poussoir en caoutchouc qui déclenche le lave-glace

 

Pour un premier contrôle sur une voiture de cet âge, ce n'est quand même pas si mal. Aucune contre-visite ! Je trouve qu'elle s'en est bien tirée, et ses résultats me remplissent d'orgueil. Je me sens comme un père de famille dont l'enfant vient de réussir son bac avec mention !

 

Août 2008

J'ai 40 ans et une DAF immatriculée à mon nom ! Pouvait-on rêver plus beau cadeau ? Bon, c'est vrai, j'y ai mais le temps, et le garagiste aussi, mais ça y est, elle est à moi, c'est écrit sur la carte grise.

Ici, je vais aborder un sujet qui hante les forums de collectionneurs depuis des années : normale ou collection, la carte grise ? Personnellement, je n'ai pas hésité : mon Aneke est immatriculée en collection.

C'est vrai qu'aujourd'hui encore, les voitures de collection immatriculées comme telles n'ont pas le droit de quitter leur département et les départements limitrophes sans en référer à la préfecture. Cette mesure, qui fait dire à certains qu'on se croirait sous l'occupation, va être abolie à compter du 1er janvier 2009, à l'occasion de la mise en place du nouveau système d'immatriculation. En outre, le contrôle technique sera obligatoire tous les cinq ans au lieu de deux pour les voitures récentes. Enfin, posséder une carte grise de collection permet (déjà) de rouler avec des plaques noires à chiffres alu, les mêmes que celles qui étaient en vigueur jusqu'en 1993.

En dehors du fait qu'il faut verser 50 € de frais à la Fédération française des véhicules d'époque, je trouve finalement plus avantageux de posséder une carte grise de collection. Certains pestent contre le contrôle technique obligatoire, au prétexte que les collectionneurs entretiennent mieux leurs voitures. Moi je trouve normal de se soumettre à cette obligation à partir du moment où l'on circule sur la voie publique avec d'autres usagers. Et comme je n'ai pas l'intention de laisser ma DAF au garage...

 

Et puis les plaques noires vont tellement bien sur les anciennes ! J'ai commandé les miennes chez Serviplaques, à Bourges. Je recommande cette entreprise pour son sérieux et sa rapidité. J'ai reçu mes plaques en trois jours, même en plein mois d'août (voir les liens pour l'adresse).

 

 Ceci étant dit, mon garagiste prend quelques semaines de congés bien méritées. Je retourne chercher la DAF qui m'attend seule sur son parking. Il me confie les clés en refermant sa grille, pas fâché d'en avoir enfin terminé avec les derniers retardataires.

Au passage, je règle la facture, qui correspond grosso modo à ce qui était prévu :

- pose d'un filet rapporté sur bougie droite

- nettoyage du carburateur

- pose d'un filtre à essence

- vidange, dépose et nettoyage du réservoir

- passage au contrôle technique et quelques fournitures

Le tout pour 250 € TTC. Evidemment, pour un amateur qui peut bricoler son moteur lui-même, ça peut sembler cher, mais pour un minus en mécanique comme moi, c'est finalement plutôt raisonnable, et je suis sûr que c'est bien fait.

Je tourne la clé avec précaution. Faux départ. Je dois m'habituer à tirer le starter. Au deuxième coup, elle s'élance en douceur, dans un léger grincement. "Faut qu'elle se dérouille, le mieux c'est de rouler" me dit-il en guise d'au revoir. Je suis son conseil et m'élance enfin pour le premier kilomètre qui sépare le garage de la maison. Moment d'intense émotion.

 

 

Quel bruit merveilleux ! Et quelles sensations ! On se laisse porter, le pied droit caressant l'accélérateur, le pied gauche tout surpris de ne servir à rien. Les reprises sont assez lentes, et le régime monte très progressivement, sans à coup. Pas encore habitué au variomatic, j'ai un peu l'impression de rouler en seconde, à cause du régime élevé du moteur, mais je m'aperçois rapidement qu'elle monte toute seule à 60 km/h dans une zone limitée à 30. Hoooohoo ! On se calme, Jolly Jumper. J'essaie d'anticiper sur le freinage aux carrefours, car j'ai l'impression qu'il ne faudra pas trop compter sur les freins en cas d'urgence. Certains passants me regardent surpris, j'essaie de prendre un petit air détaché, style "Oui, c'est bien une DAF, madame, comme celle de votre tante Raymonde il y a trente ans". Finalement, elle semble se fondre sans difficulté dans le décor de cette petite banlieue provinciale.

Tiens, c'est bizarre, le chauffage est fermé, et pourtant il fait une chaleur de bête dans l'habitacle. Serait-il bloqué ? Je monte l'allée et m'apprête à me garer devant la maison, et bien entendu, il m'arrive la mésaventure de tous ceux qui conduisent une automatique pour la première fois : au moment de m'arrêter, mon pied gauche cherche machinalement l'embrayage pour empêcher la voiture de caler. Il trouve la seule pédale disponible, celle du frein, que j'enfonce allègrement : je manque de me cogner la tête dans le pare-brise. Finalement, elle freine !

Suite au prochain épisode car, une fois encore, il nous faut nous séparer pour quelques semaines, la mort dans l'âme.

Septembre 2008

 

Ça va vrombir ! Aneke va nous emmener pour notre première sortie, une brocante dans un village des environs, qui est la destination rêvée pour une ancienne. Distance : environ 15 km. Nous passons d'abord à la pompe à essence, et je remplis pour la première fois son réservoir tout propre de 42 litres de sans plomb 95. Pour ce faire, il faut abaisser la plaque d'immatriculation arrière, dévisser le bouchon et le coincer de façon à empêcher le ressort de remonter la plaque. Un coup de main à prendre, en somme.

C'est parti ! Aneke avale ses premiers kilomètres sans rechigner, sauf lors des démarrages au carrefour, qu'elle déteste. Elle le fait savoir en émettant un grincement caractéristique à l'arrière, comme une courroie d'alternateur détendue, mais en plus rauque. Pourtant, je l'aide de mon mieux en serrant systématiquement le frein à main avant d'accélérer (voir la rubrique "Conseils pratiques"). Je diagnostique, déjà, un travail à faire du côté de la courroie du variomatic, qui est probablement un peu relâchée après 15 ans d'immobilité.

Nous arrivons sur les lieux où elle fait sensation (entre amateurs de vieilleries, on se comprend). Je frime en tentant quelques manoeuvres sur le parking, marche arrière, marche avant, elle m'obéit au doigt et à l'oeil, toute contente de rouler enfin sous le soleil !

En rentrant pour le déjeuner, nous faisons un détour dans la campagne environnante, sur des petites routes où elle semble exceller. S'il n'y avait cette chaleur persistante, qui nous oblige à rouler fenêtres ouvertes, on se croirait dans une pub ! Totalement détendu, je me surprends à regarder la route de façon plus attentive, n'ayant plus à me soucier du changement de vitesse et de l'embrayage. La brochure promotionnelle avait donc raison : "Dank zij de variomatic, geen nutteloze handelingen meer. En hoe minder overbodige handelingen U verricht, hoe veiliger U rijdt*."

*"Grâce au variomatic qui vous libère de manoeuvres inutiles et irritantes, vous roulez plus détendu et vous vous sentez plus sûr de vous". Je fais comme si je parlais néerlandais couramment, mais en fait j'ai la brochure dans les deux langues.Clin d'oeil

 

Le lendemain, encouragé par ce premier voyage, je tente une folie : l'aller-retour jusqu'au village familial, 120 km au bas mot sur des petites routes tortueuses. J'embarque mon beau-frère, ravi, et ma nièce, qui s'installe à l'arrière où elle compte bien profiter de l'absence de ceinture (eh oui, elles ne sont montées en série que depuis 1978).

Peu rassuré au début par les divers bruits auxquels je commence tout juste à m'habituer, l'oreille constamment aux aguets, je m'aperçois que nous nous sommes embarqués sans téléphone portable. Certes, j'ai pris soin de prendre une assurance avec assistance dépannage, on ne sait jamais, mais en cas de pépin il faudra s'arrêter dans la première maison pour téléphoner ! A l'ancienne, en somme...

J'ai eu tort de m'inquiéter. A part quelques pétarades à la décélération, tout se déroule pour le mieux et ma nièce, bercée par le doux bruit du bicylindre, finit par s'endormir. J'en déduis que la banquette arrière est des plus confortables.

Au retour, je me lance un défi : la nationale à 2 x 2 voies et ses 110 km/h autorisés. La DAF s'élance courageusement, elle monte en régime et, au delà de 70 km/h, j'entends le moteur se calmer très nettement au fur et à mesure que le vario passe la surmultipliée. On dirait presque qu'elle débraye tellement elle devient silencieuse. Nous glissons comme sur du velours. Je continue à accélérer : 100, puis 110 et finalement, bien lancé sur terrain plat je fais une pointe à 120 km/h. Je parviens même à doubler un camion dans une côte, elle a du caractère mon Aneke !

Nous arrivons à la maison sans encombre. Elle a subi son baptême du feu, je sais que je peux rouler en confiance désormais, et qui sait, partir en vacances au volant de ma chère auto ! Le plus dur, finalement, sera de convaincre mon passager, qui imite déjà à merveille le bruit de la DAF 46.

 

Octobre 2008

Nous nous connaissons depuis un an elle et moi, et pour notre anniversaire, voilà qu'elle me fait une scène ! Impossible de la démarrer. Je prends pourtant soin de lui apporter un petit cadeau à chacune de nos retrouvailles. Je veux bien croire qu'elle n'a pas tourné depuis un mois, mais tout de même, Aneke exagère ! Je vérifie les bougies, rien à signaler. La batterie est chargée, il y a de l'essence (je ne suis pas non plus totalement idiot). Suivant les conseils d'un ami, je démonte la tête de l'allumeur et la sèche au sèche-cheveux. Rien n'y fait. Nous tentons de pulvériser du liquide spécial "démarrage difficile" dans le filtre à air. Elle veut bien démarrer, mais s'arrête dès qu'on cesse de pulvériser. Il y a un progrès ! Ça voudrait donc dire que l'essence n'arrive pas dans le carburateur.

 

Je vérifie donc le tuyau d'essence, mais ne trouve rien d'anormal. Je ne me risque pas à défaire l'arrivée d'essence au carburateur, car le collier a serré le tuyau tellement fort que je n'arrive pas à le décoller. Craignant de faire une boulette irréparable (je ne me fais pas encore assez confiance, je sais), j'appelle le médecin personnel de la petite Hollandaise, le garagiste qui me l'a remise en état de rouler.

 Il me confirme qu'il y a un problème d'arrivée d'essence. Je commence à faire des progrès en mécanique, j'ai su diagnostiquer ma première panne ! Mais je préfère le laisser faire pour la suite, d'autant qu'il tente une opération qui me semble des plus audacieuses : il débranche l'arrivée d'essence au carburateur, la penche au-dessus du filtre à air, et me demande d'actionner le démarreur. L'essence se déverse directement dans le trou du carbu, elle démarre de nouveau ! Il y a donc un problème à l'intérieur de la bête, qui reçoit de l'essence, mais ne la distribue pas correctement.

Il ôte le bloc du filtre à air et ouvre le coeur de mon Aneke, comme le ferait un chirurgien. Moi, je lui passe les instruments, et surveille la tension et le pouls. Je le vois ajuster délicatement une petite pièce restée coincée en position fermée, le pointeau. Sans lui, point de démarrage. Il referme le carburateur (pas de points de suture mais cinq vis bien placées), remet en place le bloc du filtre à air, et me demande de démarrer. Miracle ! Elle vrombit, puis s'apaise dans un ralenti serein, comme si rien ne s'était passé. Quel pro, je suis épaté !

Et en plus, il ne me fera pas payer l'intervention ni le déplacement. Il est vraiment trop sympa, mon garagiste !

Soulagés de la voir rouler de nouveau, nous en profitons pour faire un tour vers notre brocante favorite. C'est la première fois que je l'essaie sous la pluie, et je constate qu'en freinant, elle a tendance à partir à gauche. Je redresse discrètement d'un coup de volant, ni vu ni connu, mais il faudra quand même que je signale ce problème.

En revanche, nous apprécions beaucoup le chauffage de la DAF, l'un des plus efficaces et rapides qui soient : l'air de refroidissement du moteur entre directement dans l'habitacle (oui, bon, ça sent un peu l'huile chaude, c'est vrai) et nous réchauffe instantanément, même... en position fermée. Là encore, rien à faire pour le débloquer : je crois que le câble de la manette ne ferme pas assez le clapet qui dirige l'air chaud vers l'intérieur ou l'extérieur. Il faudra aussi y jeter un oeil...

Elle nous attend sagement sous la pluie, sur le parking de notre brocante préférée. Elle est trop belle et je ne résiste pas à l'envie de la prendre en photo !

Novembre 2008

Cette courroie qui grince à chaque démarrage, même sur terrain plat, ce n'est plus possible, tout le monde se retourne ! Il faut faire quelque chose. Je profite d'un week-end prolongé pour m'atteler à cette tâche indispensable.

Après avoir mis Aneke sur son cric, et calé toutes les roues que je pouvais, je me glisse sous la voiture (cette manoeuvre n'est pas recommandée, mais je n'ai pas de fosse, ni de pont, alors il faut bien se débrouiller). Je démonte le capot en plastique qui protège le variomatic, et accède enfin au saint des saints. Les flasques des deux poulies luisent dans l'obscurité, et j'aperçois ma courroie pour la première fois (je rappelle qu'il n'y en a qu'une seule sur la 46).

Elle n'a pas l'air en trop mauvais état, mais on voit nettement qu'elle est détendue comme une vieille chaussette. Pour la retendre, le principe semble être le même sur toutes les DAF au moins depuis la 44 : c'est en éloignant le bloc récepteur (ou variomatic secondaire) du bloc moteur (ou variomatic primaire) que la courroie se retend. Simple sur le papier, mais pour y parvenir, il faut d'abord dévisser les 4 vis de fixation du vario secondaire (celui qui porte le boîtier du différentiel), ce qui n'est pas une mince affaire. Puis on tourne la vis de réglage de la tension, et c'est elle qui  pousse le vario secondaire vers l'arrière du véhicule, en le faisant glisser sur ses rails de guidage, que l'on aperçoit en haut de cette image : 

Cette opération délicate me prend toute l'après-midi, le temps de faire un premier essai infructueux (ça grince encore) et de m'y plonger de nouveau. La courroie se retend, non sans effort sur la vis de réglage qui devient plus dure à tourner à mesure qu'elle remplit son office.

La vis de réglage de la tension de courroie et son contre-écrou.

Suivant les indications de la RTA (voir la bibliographie), je mesure à plusieurs reprises l'écartement des flasques du vario secondaire, qui doit augmenter à mesure que la courroie se tend. Mais j'ai beau tourner la vis, l'écartement reste le même. Tant pis, je n'arrive plus à visser quoi que ce soit, je suis fatigué de travailler sur le dos depuis des heures, et décide de refaire un dernier essai sur route. Miracle, ça marche, mon Aneke n'émet plus le moindre grincement, elle s'insère dans la circulation comme une anguille, et je peux enfin profiter des quelques 5 chevaux de son petit bicylindre, sans attendre qu'elle daigne enfin démarrer. Opération réussie, malgré une courroie apparemment fatiguée et qu'il faudra quand même songer à changer.

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