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Journal 2015

Journal 2015

 

Janvier - février 2015

 

Et si j'avais peu à peu perdu confiance dans ma DAF 46 ? Ce serait quand même paradoxal : quand je l'ai achetée il y a déjà 7 ans, elle freinait de travers, les pneus d'origine étaient complètement usés, la courroie grinçait à chaque démarrage, et pourtant cela ne m'empêchait pas de faire des kilomètres avec ! Au fil des ans et des réparations, je me suis assagi, à tel point qu'aujourd'hui j'en arrive à me faire une montagne parce qu'il y a des bulles dans le circuit d'essence.

Le changement des durits d'essence, s'il n'a pas fait de mal, n'a rien changé au problème, et j'aperçois toujours des bulles arriver du réservoir, finissant par faire caler la voiture quand elle tourne au ralenti. Du coup, je n'ose plus rouler avec de peur de tomber en panne.

Puis soudain, l'audace qui me caractérisait dans les premiers temps me revient à l'esprit. Oui, elle a des bulles, et alors ? Qu'est-ce que je risque à essayer de rouler, au pire je peux réamorcer le circuit avec la pompe manuelle, et de toutes façons j'ai une nourrice d'essence dans le coffre. Donc, me voilà reparti sur les routes.

 

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Aneke ne demandait finalement qu'à rouler. Enjouée et bondissante, elle semble me dire "Ah ben tout de même, il était temps !". Pas le moindre toussotement, pas le moindre hoquet, c'est à croire que les bulles ne se forment que quand la voiture ne roule pas, ou pas assez. Je passe l'après midi au volant, sans trop m'éloigner de la maison. A la fin de la journée, ravi, je soulève le capot, et constate que les bulles ont disparu. Finalement, c'est l'inaction qui la rend malade, une voiture est faite pour rouler et s'abime quand elle ne roule pas.

Je suis tellement enthousiaste que j'emmène un ami faire boire un verre à Angoulême avec la DAF. Au lendemain du festival de la BD, nous trouvons sans trop de problème à nous garer dans le centre ville, ce qui n'aurait pas été le cas quelques jours plus tôt !

Le lendemain, je m'aperçois qu'un vandale m'a rayé la portière côté conducteur avec une clé, comme le font les lâches, en passant l'air de rien. Je suis tellement estomaqué que je n'arrive même pas à être furieux. Voilà une voiture qui n'a pas grande valeur sur le marché de la collection, qui suscite habituellement la curiosité ou la sympathie, au pire l'indifférence, mais je ne pensais pas qu'elle puisse éveiller une telle jalousie. A moins que ce ne soit de l'hostilité pour sa couleur ? Finalement, et aussi étonnant que cela puisse paraître, cette blessure de guerre ne suscite en moi qu'un mépris un peu las. Ce n'est d'ailleurs pas la première rayure : une précédente est visible sur la même portière, mais elle a probablement été faite il y a bien longtemps car elle a été réparée au stylo de retouche.

 

Accessoires

 

Tiens, je me demande si ces stylos sont toujours disponibles chez Danny ?

 

Mars 2015

 

Le printemps est une véritable révélation pour Aneke et pour moi. Depuis 7 ans, elle n'a jamais aussi bien roulé. Un petit coup de Start Pilot dans le carbu, le starter tiré à fond, elle démarre sans problème après un mois au garage. Une grande promenade dans la campagne s'impose désormais pour la récompenser, et elle ne demandait que ça. 200 km en deux jours et surtout, surtout, un très grand changement : après 250 km parcourus depuis le dernier plein, l'aiguille de la jauge atteint à peine la moitié de sa course. Voilà un résultat tout à fait encourageant qui me laisse espérer une moyenne de 8 à 10 litres aux 100, dont je me satisferais pleinement.

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Une photo un peu ancienne du compteur et de la jauge. La DAF a parcouru plus de 3000 km depuis !

 

J'attendrai bien sûr que le réservoir soit presque à sec pour savoir réellement combien elle consomme à présent, mais je pense que les heures passées à caler l'allumage et à rerégler pour une énième fois le carbu n'auront finalement pas été inutiles.

Bon, je dis sans problème, mais elle nous a quand même fait une petite frayeur. Après être passée sur un nid de poule dans le chef-lieu de canton, je sens que mon Aneke ne réagit plus tout à fait comme avant. Elle semble s'étouffer un peu, et cale même à un carrefour, alors que le moteur est chaud.

Ca y est, me dis-je, c'était trop beau pour durer. J'étais tellement heureux de cette sortie, elle avait si bien roulé !

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Elle a sans doute trop chauffé, me dis-je, et il va falloir laisser le moteur refroidir. Mais au moment de rentrer de la maison de campagne, impossible de la redémarrer sans le starter. Zut de zut, qu'est-ce qu'elle a encore ? Je pensais naïvement ne plus avoir à replonger sous le capot avant un bon moment, mais me voilà reparti à chercher d'où vient le problème. Du côté passager, on s'inquiète un peu car le soir tombe et il commence à faire frais.

Mais la panne me saute aux yeux immédiatement : l'étouffoir du carburateur est débranché.

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C'est cette pièce cylindrique qui se visse dans le corps du carburateur, en haut à gauche de l'image, et qui est reliée à la bobine par un fil qui s'est tout bêtement débranché avec le cahot. Ça n'a l'air de rien, mais il a un rôle très important : il sert à limiter l'auto-allumage en bloquant l'arrivée du carburant au ralenti. Quand il est débranché, le ralenti s'étouffe et la voiture finit par caler.

Concernant le phénomène de l'auto-allumage, je vous invite à consulter la notice Wikipédia fort bien faite. Il s'agit en gros d'une combustion intempestive du mélange air essence avant que la bougie ne donne l'étincelle.

Je rebranche soigneusement mon étouffoir et fais claquer le capot. "Rien de grave" dis-je, en tournant la clé de contact et en priant pour que ça marche. Aneke redémarre et tient parfaitement son ralenti comme si rien ne s'était passé. Je reçois bien sûr des félicitations admiratives. Serais-je devenu un mécano aguerri ?

Le lendemain, le soleil est de la partie, et nous avons tellement apprécié la ballade de la veille que nous voila repartis sur les petites routes charentaises. Direction Verteuil, charmant village qui mérite le détour.

 

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Mis à part le bruit du moteur, devenu somme toute très supportable, nous apprécions beaucoup le confort de la DAF et ses très grandes vitres qui laissent entrer généreusement le soleil du printemps. Du coup, le chauffage est à peine ouvert, et il fait facilement 27°C dans l'habitacle. Nous nous payons le luxe de rouler la fenêtre entrouverte au mois de mars, ce qui est quand même un privilège incroyable.

Côté passager, on apprécie en outre l'absence d'odeur d'échappement, qui n'est plus désormais qu'un lointain souvenir, et la quasi disparition des bruits parasites de la tringlerie du capot, évoquée à plusieurs reprises, et dont j'ai finalement réussi à me débarrasser en serrant le boulon de la manette à fond. Le capot est du coup un peu plus dur à ouvrir, mais au moins on s'entend parler !

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Et puis de toute façon, ma voiture fonctionne, je n'ai donc plus besoin de lever le capot.

Ça, c'est typiquement le genre de phrase qui porte la poisse !

A ce plaisir immense de rouler dans une voiture qui enfin semble fonctionner correctement, s'ajoute une autre révélation.

Je me suis complètement planté dès le début sur la couleur de ma voiture.

Elle n'est pas du tout Terrana, mais Havanna. Oui, vous avez bien lu. Je vous bassine depuis des années avec sa couleur de feuille d'automne ou de caramel fondu, en vous disant qu'en néerlandais on l'appelle "brun beurre de cacahuète", mais en fait pas du tout. Et c'est Danny, le fidèle fournisseur de pièces DAF aux Pays Bas, qui m'a ouvert les yeux.

Suite à la rayure qui m'avait été faite sur la carrosserie en février, je lui avais commandé aveuglément un stylo de retouche de référence Terrana.

Depuis 2007, je suis persuadé qu'il ne peut en être autrement, puisque je me fie au nuancier du DAF Club Nederland, qui indique ceci :

Havanna : Havanna

De toute évidence, c'est trop foncé pour être ma couleur ;

Terrana : Terrana

Ça ne ressemble pas vraiment mais il me semble que ça se rapproche.

Danny commande donc la peinture Terrana chez son fournisseur, puisqu'il la fait fabriquer spécialement, et je reçois un petit tube de peinture avec un pinceau, qui permet de faire ses retouches soi-même.

En ouvrant le tube, je me rends compte que quelque chose cloche, la teinte me semble un peu jaune. Je décide de faire un essai à l'intérieur du capot.

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Je laisse sécher une nuit pour être sûr du résultat, mais il faut se rendre à l'évidence : soit Danny s'est trompé de couleur, soit c'est moi qui ai tout faux depuis le début.

Danny me demande de lui confirmer le numéro de "service" qui se trouve sur la plaque d'identification de la voiture, au dessus de l'aile droite. Ma plaque porte le numéro 09-64, comme on le voit (un peu) ci-dessous.

 

Plaque identification

 

Ce numéro, comme me le confirme Danny, correspond à la couleur Havanna. Absents avant 1974, ces numéros sont en vigueur à partir du moment où Volvo est venu mettre de l'ordre chez DAF pour en finir avec la poésie des noms approximatifs. Cette information m'est confirmée par la liste des peintures qui figure à la fin du livre "Ongekend Talent" (voir la bibliographie). Le numéro 64 correspond bien à la teinte Havanna et non pas Terrana. Cette dernière porte quant à elle le numéro 56, donc pas de confusion possible.

Pendant des années, j'ai été abusé par le DAF Club Nederland, qui ferait mieux de remettre son nuancier à jour. Pour ma part, je vais refaire le mien (voir "Les couleurs de la DAF 46").

J'espère ne pas avoir été à l'origine d'autres erreurs de peinture chez mes fidèles lecteurs. J'en suis quitte, une fois encore, pour commander chez Danny un autre stylo de la bonne couleur. Cet épisode en rappelle d'autres... La voiture ancienne, on le sait, est une école de modestie.

 

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